Retrouvez chaque mois les informations de l'association à travers la Lettre des Amis du Musée

Décembre 2011 - Janvier 2012

L’enjeu de la peinture ne réside plus dans l’originalité de la forme
mais dans ses prémisses, c’est à dire son propos.

Gérard GAROUSTE, peintre
Le cru bourguignon, Télérama n° 3028, 23.01.2008


Histoire

Albert Métin (1871-1918)

Albert Métin est aujourd'hui tombé dans l'oubli. Pourtant, à la faveur d'un colloque organisé à Besançon par le Conseil général du Doubs et la Direction régionale du travail, un bel hommage lui a été rendu en 2006 lors de la célébration du centenaire du ministère du Travail. Malgré une existence brève, cet homme aux multiples facettes a eu un parcours exceptionnellement dense et bien rempli, magistralement évoqué par Joseph Pinard, Gérard Galliot, Bernard Narbey, Gabriel Mignot et Thierry Jeanmougin. Le cent quarantième anniversaire de sa naissance est l'occasion de revenir sur l'intellectuel et l'homme politique qu'il fut.

Son existence est connue par la biographie que lui a consacrée Camille Vallaux (1870-1945), professeur de géographie à l'Ecole navale. Albert Métin est d'abord un intellectuel dont l'activité universitaire a été particulièrement féconde.
Ce Franc-Comtois est né à Besançon le 24 janvier 1871, alors que l'armée de Bourbaki défaite à Héricourt se repliait sur la capitale comtoise. Issu d'une famille protestante, il a fait ses études secondaires au lycée Victor Hugo. Brillant élève, il entre en section préparatoire aux grandes écoles au lycée Louis le Grand à Paris, poursuit ses études supérieures à la Sorbonne et est reçu à l'agrégation d'histoire et géographie en 1892. Il enseigne alors à l'Ecole coloniale, à H.E.C., à l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud et au Conservatoire National des Arts et Métiers.
Cet enseignant est également un grand voyageur. Après des séjours en Angleterre (1895), en Allemagne (1896), une bourse de voyage attribuée par l'Université de Paris lui permet de découvrir l'Egypte, l'Inde, Ceylan, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis et le Canada.
Bon observateur ouvert à tout, prenant de nombreuses notes, parlant l'anglais et l'allemand, il publie une dizaine d'ouvrages consacrés à la géographie, à l'histoire sociale et au droit du travail des pays visités. Il traduit aussi l'Histoire du Trade Unionisme, c'est-à-dire du syndicalisme anglais, de Sidney et Béatrice Webb et il soutient en 1908 une thèse de doctorat consacrée à La Colombie britannique.

Indépendamment de ses recherches, en vrai pédagogue, il trouve le temps d'écrire des manuels scolaires pour les Ecoles primaires supérieures, notamment un Cours d'économie politique, un Cours d'instruction civique et un livre de Droit usuel.

Mais cet universitaire est également quelqu'un qui s'est engagé très tôt dans la vie politique tant sur le plan national que régional.
Lorsque Clémenceau, Président du Conseil en 1906, fonde pour la première fois un ministère du Travail, Albert Métin est à l'âge de 35 ans chef de cabinet du ministre Viviani. L'année suivante, il publie d'ailleurs Les traités ouvriers regroupant les textes officiels concernant ces derniers, les commentant et en faisant l'historique. Lui-même devient ministre du Travail et de la Prévoyance sociale en 1913. Dans ses fonctions ministérielles, il fait preuve d'une activité débordante et a souvent une vision novatrice. Impressionné par le réalisme anglo-saxon, c'est un pragmatique qui a largement contribué à la mise en place du droit au travail et de la législation sociale pour lutter contre les inégalités les plus criantes dans notre pays. Il a notamment fait voter une loi sur les retraites ouvrière et paysannes.


Puis la Première Guerre mondiale éclate. Il est alors mobilisé comme lieutenant et l'économie de guerre impose ses contraintes. Sous-secrétaire d'Etat aux Finances en 1916, puis au Blocus, et contraint de trouver de nouvelles ressources, il songe à créer un impôt sur la fortune.

Sa participation aux activités gouvernementales le conduit naturellement à rechercher un ancrage local. La disparition prématurée du député de « Besançon-campagne », en 1909, est l'occasion de renouer avec sa région d'origine en posant sa candidature. Anticlérical, il se présente comme radical-socialiste. Au cours de sa campagne, il est l'objet de violentes attaques de la droite comme de la gauche. La droite cherche à le faire passer pour un anarchiste « partisan de la socialisation des terres et de l'expropriation des paysans ». Quant aux socialistes, ils l'accusent d'être entrer dans des gouvernements appartenant à la grande bourgeoisie. Malgré la virulence des articles de la presse locale, il est élu au premier tour avec 55% des voix et sera reconduit dans ses fonctions en 1910 et 1914. En tant que député, il intervient fréquemment à l'Assemblée nationale sur des questions intéressant l'agriculture, le travail et la législation sociale (thèmes qui lui sont chers) ainsi que sur l'assistance aux familles nombreuses.

Il est également élu conseiller général du canton d'Audeux en 1910 et se révèle tout aussi actif dans sa circonscription. Président de la commission des transports, il milite pour le développement du « tacot », c'est-à-dire des chemins de fer locaux. On lui doit la création des écoles ménagères agricoles, des bains-douches à Besançon, des jardins ouvriers, des habitations bon marché (préfigurant la création des HLM...) et il est président fondateur de la caisse mutualiste. Aussi est-il triomphalement accueilli lorsqu'il se rend en voyage officiel dans sa ville natale à la veille de la guerre de 1914. Sensible à la protection de l'environnement, il intervient énergiquement pour défendre la source de la Loue menacée par les constructions d'un industriel voulant capter la force motrice de ses eaux et il préconise même la création... d'un parc naturel ! Preuve de son intérêt pour sa circonscription, il trouve encore le temps d'écrire une Histoire des communes du canton d'Ornans.
En juillet 1918, il est désigné pour conduire une délégation française aux Etats-Unis et en Australie. Après son passage à New-York, il gagne la côte ouest mais meurt subitement à San-Francisco. Métin était alors âgé de 47 ans. Après rapatriement du corps, il a eu droit à des obsèques nationales et a été inhumé au cimetière des Chaprais à Besançon en septembre 1918.


Conclusion

Travailleur infatigable, il a fait preuve d'un dynamisme peu commun, mettant ses compétences et son énergie au service des réalités de son temps. Il a perçu les grands enjeux de société du moment, s'est révélé partisan du progrès social par la loi et a pris des mesures destinées à réduire les inégalités contre lesquelles il luttait. Profondément réaliste, ses idées et ses projets sont toujours d'actualité. Le politique ne doit toutefois pas faire oublier le brillant intellectuel dont les recherches ont nourri de nombreuse publications destinées à des publics variés.

Bernard OLIVIER

Pour approfondir

Actes du Colloque Albert Métin, Conseil général du Doubs, Besançon, 2006.


Conférence

Pontarlier à la loupe
par Joël GUIRAUD
directeur honoraire du Musée de Pontarlier

Depuis une dizaine d’années Joël Guiraud tient une chronique régulière dans la lettre mensuelle des Amis du Musée. Cette chronique, intitulée Pontarlier à la loupe, est l’occasion de revisiter Pontarlier, ses monuments, ses rues et son histoire en analysant dans le détail des cartes postales anciennes ou des photos jaunies. C’est aussi un prétexte pour rencontrer tous ces personnages qui peuplent les cartes postales d’hier, parler de la mode, de ce qu’on peut voir et imaginer ce qu’on ne peut entendre, une façon d’essayer de traverser l’écran du temps.
Avec cette conférence Joël Guiraud vous propose de revoir en grand format certaines de ces images et de voir ces détails qui n’étaient peut-être pas si évidents à distinguer sur la lettre des Amis du Musée.

Lundi 12 décembre 2011
Pontarlier, salle Morand, 20h30, entrée libre


Brèves

- A partir du mercredi 4 janvier, vous pourrez régler votre cotisation 2012 (adhésion 1 personne : 15 € ; adhésion couple : 25 €) par chèque envoyé au secrétariat de l'association ou déposé à l'accueil du musée. Vous recevrez votre carte d'adhérent en échange.

- Assemblée générale 2011 : elle aura lieu le jeudi 23 février 2012 au Musée de Pontarlier. Toutes les informations nécessaires vous seront données en temps utile.
Si vous êtes intéressé(e) par la vie de l’association et que vous avez un peu de temps à lui consacrer vous pouvez rejoindre le Conseil d’Administration en posant dès maintenant votre candidature par courrier au Président des Amis du Musée avant le 8 janvier 2012.

- Parution de la Lettre des Amis du Musée. A partir de ce numéro, la lettre des Amis du Musée évolue selon la fréquence suivante : Décembre-Janvier, Février-Mars, Avril-Mai, Juin-Juillet-Août, Septembre-octobre-novembre.

 

Voeux

Le président,
les membres du Conseil d'Administration
des Amis du Musée et l'équipe de la rédaction
de la Lettre des Amis du Musée
vous souhaitent des fêtes de fin d’année
riches en affection et en gaieté.
Que l'an nouveau déborde de bonheur,
de bonnes surprises et de prospérité
et que tous ces voeux deviennent réalité.

Bonne année 2012 !

 

Programme 2012

EXPOSITION Les Granges Brûlées : 40 ans déjà !
Hommage à Paul CRAUCHET, comédien
17 mars - 1er avril
Chapelle des Annonciades


EXPOSITION 82ème Salon des Annonciades
8 juillet - 26 août
Chapelle des Annonciades


MANIFESTATION 12èmes Absinthiades
Animations - Collections - Dégustations - Expositions
6 et 7 octobre - Musée
Théâtre Bernard Blier - Chapelle des Annonciades

EXPOSITION Itinérances
17 novembre - 2 décembre
salle annexe des Annonciades
Artiste : Janette BONNOT


 

Idées cadeaux

Pour vos cadeaux de fin d'année, pensez à la Boutique du Musée ! Absinthe - Peinture comtoise....cartes (Bichet, Bouroult, Charigny, Fernier, Fricker, Robbe, Roz), affiches, enveloppes prêt-à-poster, sets de table, cuillères, verres, plateaux absinthe, tapis de cartes et jeux de tarot, livres....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pâtissier - Chocolatier

 

23-25, Place St Pierre 25300 PONTARLIER

Tél. 03 81 39 01 83