Retrouvez chaque mois les informations de l'association à travers la Lettre des Amis du Musée

N° 07-08/10 - Juillet-Août 2010

L’argent tue l’art, mais, en même temps, il lui assure une valeur symbolique (…) L’argent a toujours été étroitement lié à l’art, mais la religion, la poésie, la pensée avaient leur mot à dire. A présent, la valeur vénale est seule.

Olivier CENA
in Le parti prix, extrait de Télérama n° 3037, 26 03 2008


Histoire

La Rivière-Drugeon, le Père Clément
et la... clémentine !


La Rivière-Drugeon est un village de 730 habitants, intéressant à plus d'un titre. Des fouilles ont mis à jour un tumulus remontant à l'âge du bronze ainsi qu'une sépulture mérovingienne. Au bas Moyen Age, il a été le siège d'une seigneurie importante. Si la motte, sur laquelle le château médiéval était construit, a disparu pour faire place à un complexe sportif, il conserve une église du XVe siècle ainsi que quelques maisons des XVIe et XVIIe siècles. C'est enfin sur son territoire que serait né le père de la clémentine... Toutes particularités justifiant une brève incursion dans son passé !

Adossé à la montagne du Laveron, La Rivière, construit à 826 mètres d'altitude, se trouve dans un secteur relativement plat et marécageux, drainé par un petit affluent du Doubs, le Drugeon. Protégée au sud-ouest par un étang, la localité s'est édifiée dans une boucle du Drugeon, ce qui a déterminé un plan grossièrement triangulaire. Puis débordant du cadre primitif autrefois ceinturé de remparts, la croissance s'est effectuée en fer à cheval autour de l'étang, donnant naissance à de nouveaux quartiers tels l'Arlin, le Faubourg du Tartre, le Groseiller ...

Plan de La Rivière

L'implantation humaine est ancienne. En témoigne le tumulus du Grand Communal fouillé par Pierre Bichet et son équipe dans les années 60. Une première sépulture, creusée en fosse dans le sol, a pu être datée du bronze final (1200-1100 av. J.C.) grâce aux objets trouvés. Une seconde sépulture a été identifiée au centre du tertre mais au niveau du sol. A la surface du tumulus enfin, des débris osseux indiquent plusieurs inhumations postérieures. On a retrouvé au cours de ces fouilles deux petits vases, deux bracelets de lignite, des fibules, des épingles en bronze, des anneaux et des plaques incisées.

Le « fort Bachin », à la limite du territoire communal avec Bouverans, serait une nécropole mérovingienne (VIe-VIIe siècles), contemporaine du cimetière retrouvé à Doubs et installée sur une construction antérieure remontant à la Tène, période s'étalant du VIe siècle av. J.C. à la conquête romaine.

Au bas Moyen Age, le toponyme La Rivière n'apparaît qu'assez tardivement dans les textes. Sa fortune est liée à l'histoire des Chalon, sires de Salins qui ont décidé d'en faire une seigneurie chargée de protéger la route du sel. Vers 1250, ils décident d'y élever un château-fort, siège d'une châtellenie qui englobe Bouverans, Bonnevaux, Frasne, Dompierre. Au XIVe, le château-fort est transféré sur une motte protégée par des remparts et des fossés remplis d'eau. Ils construisent une belle église et des halles pour le marché. Le bourg, qui avait bien résisté au XVe siècle pendant le conflit franco-bourguignon, est victime des « Suédois », c'est-à-dire des mercenaires de Bernard de Saxe-Weimar pendant la guerre de Dix Ans. La place est enlevée et en partie détruite en 1639. Depuis, la cité n'a jamais retrouvé son importance et sa richesse.



La Rivière au XVIe siècle (dans G. Cousin)

L'église, construite à la fin du XVe siècle et placée sous le vocable de saint Nicolas, est un bel édifice de style gothique, qui a été agrandi, modifié et restauré au fil des ans. Le clocher-porche donne accès à une nef à trois vaisseaux, séparés par des colonnes qui supportent les voûtes d'ogives. Un chœur polygonal et des chapelles latérales complètent l'ensemble. L'édifice abrite des statues du XVe siècle (saint Claude, saint Ferréol), du XVIe siècle (saint Antoine, saint Louis, une Vierge à l'Enfant et une Vierge de Pitié). Les bancs, la chaire en bois sculpté et les deux autels-retables des collatéraux sont du XVIIIe siècle.

Statue de saint Louis à La Rivière

Une tradition tenace veut que le révérend Père Clément, fils d'une famille nombreuse dont les parents étaient agriculteurs, soit né à La Rivière. On sait peu de choses sur lui. En fait ; celui qui a donné son nom à la clémentine n'est pas natif de La Rivière mais d'un hameau faisant partie de la commune de Saint-Germain-de-l'Herm dans le Puy-de-Dôme. D'après les encyclopédies ou sur Internet, Vital Rodier serait ainsi né en 1829 ou 1839. Entré très jeune dans un établissement monastique, la Chartreuse de Valbonne en Ardèche, il le quitte et part retrouver en Algérie un de ses oncles qui était religieux dans la congrégation de Notre-Dame de l'Annonciation. C'est là qu'il prend le nom de Frère Clément après avoir prononcé ses vœux. Il est ensuite envoyé à l'orphelinat de Misserghin, près d'Oran, où il est responsable de la production agricole.

Père blanc en Afrique du Nord

Passionné d'arboriculture mais sans formation particulière, c'est là qu'il aurait réussi à greffer un rameau de mandarinier sur un plant d'oranger, le bigaradier. Ce croisement a donné un fruit hybride que la société algéroise d'agriculture a appelé « clémentine » en son honneur. C'est en 1892 que sa découverte a été réalisée et la première description en a été faite par le docteur Trabut dans La Revue Horticole Française en 1902. La clémentine est un fruit sans pépin dont l'épluchage est relativement aisé. Elle provient d'un arbuste de 4 à 6 mètres de haut dont les feuilles et les fleurs sont très parfumées. Elle est principalement cultivée en Afrique du Nord, en Espagne et en Corse. Quant au Père Clément, il est décédé en 1904.

Bernard OLIVIER

Pour approfondir

- COURTIEU (Jean, sous la direct. de), Dictionnaire des communes du département du Doubs, Cêtre, Tome V, pp. 2717-2723.
- MALFROY (Michel), L'église de La Rivière-Drugeon (1490-1990), 1990.
- Vu du Doubs, no 177, avril 2010.

 

du côté du Musée

Dieux, nymphes et héros
Mythologie et peinture

du 2 juillet au 13 décembre 2010


Gustave Courtois
La Mort d'Orphée - 1875
Musée de Pontarlier

Les mythes grecs font partie du référentiel commun de la culture en Occident, de la Renaissance à nos jours. Toutefois, il faut admettre qu'aujourd'hui certaines histoires sont un peu oubliées et que l'on n'apprend plus guère les travaux d'Hercule à l'école...

Le point de départ de cette manifestation est la restauration en 2010 d'un tableau conservé au musée de Pontarlier, Dionysos endormi peint par Gustave Courtois en 1906. Un acte de vandalisme avait été commis sur l'oeuvre quand celle-ci était accrochée au Tribunal de Pontarlier, bien avant l'ouverture du musée. C'est pourquoi elle ne fut jamais montrée au public.

Relevant d'un art dit « pompier », considéré comme réactionnaire et rejeté en masse au XXe siècle, Dionysos endormi témoigne des derniers feux de la tradition de la peinture d'histoire en général, de la mythologie en particulier, qui s'est développée depuis la Renaissance dans toute l'Europe.
La mythologie fut en effet pendant des siècles une source inépuisable de sujets en peinture. Tantôt légère avec les amours rocambolesques de Jupiter, tantôt macabre avec la mort des héros, elle se décline à l'infini selon les époques et les sensibilités.

Les quelques vingt-cinq oeuvres accrochées dans les trois salles d'exposition du musée sont des peintures, gravures et dessins du XVIe au XXe siècle, provenant de musées régionaux et de collections privées.

Petit condensé de quatre siècles de peinture d'histoire, l'exposition entend souligner la récurrence des sujets mythologiques et évoquer l'évolution des modes et des mentalités, dans les oeuvres de ou d'après Floris, Rubens, Prud'hon, Lordon, Lépicié, Cordier, Gigoux, Courtois, Courmes, etc.

L'exposition se visite aussi pour l'iconographie elle-même : Hylas enlevé par les nymphes, Daphné changée en laurier ou encore Diane se vengeant d'Actéon invitent à lire ou à relire Homère, Hésiode, Ovide et les autres...

Les comédiens des Nuits de Joux s'inspireront de l'exposition lors de leurs interventions au musée les jeudis 22 juillet et 4 août.

François d'Assise prêchant aux oiseaux de
Pierre Bichet

Exposition-dossier (salle d'actualité)
du 3 juillet au 3 octobre 2010

Offert en 2009 au musée de Pontarlier, ce grand tableau de Pierre Bichet fut exposé au Salon des Annonciades de 1951 où il remporta un grand succès. Son auteur confiera en 1991 : « c'est l'oeuvre qui me tient le plus à coeur et certainement la préférée parmi toute mon oeuvre ».
Ce tableau phare occupe désormais une place de choix dans les collections du musée, l'exposition-dossier tente d'en explique la génèse et l'iconographie.

Faïences comtoises
A partir du 3 juillet 2010

Les plus belles faïences de Franche-Comté des collections du musée et des Amis du musée sont exposées au sous-sol et illustrent la production régionale du XVIIIe au XXe siècle.

Plat long, faïence stannifère à décor en camaïeu bleu à la Bérain,
Salins, 2e quart du XVIIIe siècle, Musée de Pontarlier

Sarah BETITE

 

Nouvelles salles d'Absinthe

Depuis le 15 avril, vous pouvez découvrir les nouvelles salles - deux au lieu de trois - consacrées à l'absinthe qui propose une nouvelle muséographie. En effet, le grand salon est à nouveau dédié à la présentation de peintures comtoises.
Il est également proposé au public un petit jeu pour parfaire ces connaissances absinthiques.


 

 

Expositions d'Eté

LE BONHEUR EST DANS LE PRE

29 mai - 29 août

DeLaPerouze - Salvatore Di Spirito - Fabienne Himmi Robert Menzi - Marcel Mille - Benoît Trimborn - Guy Untereiner - Frédéric Wioland

GALERIE AME COULEUR
jeudi et vendredi 14h-18h / Samedi 10h-17h et sur rendez-vous
1, rue de l'Industrie CH2114 Fleurier Tél. 00 41 32 861 41 88

L'été des gravures

12 juin - 15 août

Jo Bardoux - Alain Bouvier - Jean Bernard Butin
Fanny Gagliardini - Dominique Sosolic
& des artistes de l'Atelier Genevois de Gravure
"GEgrave" : Marfa Indoukaeva - Rudolf Reumann

Galerie des Pertes de l'Ain
300 rue Principale 39300 Bourg-de-Sirod
Tél. 03 84 51 83 64 ouvert les v-s-d-j de f
de 15 à 19 heures et sur rendez-vous

 

EDITIONS

Cueillir et cuisiner les plantes sauvages
de François Nicod et Jean-Paul Lonchampt
Editions Les Presses du Belvédère

François Nicod, pharmacien à Franois (à côté de Besançon) se passionne depuis longtemps pour le monde végétal quand il ne voyage pas - sur les traces de Xavier Marmier, par exemple- ! Naturaliste passionné, scientifique, il a photographié chaque plante dans son milieu naturel et en a rédigé la fiche descriptive correspondante, comprenant son identification, ses propriétés médicinales et son utilisation culinaire.
Et c’est là, en cuisine et dans la nature, où il a rencontré un autre passionné de nature : Jean-Paul Lonchampt, chef cuisinier qui a derrière lui une expérience de quarante années derrière les fourneaux. Ensemble, ils ont sélectionné une centaine de plantes comestibles dans les régions montagneuses de France et de Suisse que Jean-Paul Lonchampt a décliné culinairement pour concocter des recettes innovantes et savoureuses, révélant de délicieuses sensations gustatives.
Le résultat : un livre surprenant et…gourmand, à déguster sans retenue !

 

UNIVERSITE OUVERTE

Programme 2010

- lundi 20 septembre : Mr Vincent BICHET, La géologie du Jura
- lundi 4 octobre : Mr Bernard OLIVIER, Un zouave pontifical franc-comtois : Joseph Ulysse Bichet
- lundi 18 octobre : Docteur MENEVEAU, Quoi de neuf dans l'infarctus du myocarde ?
- lundi 15 novembre : Mr Jean-Michel BLANCHOT, Le devoir de mémoire, ce passé qui ne passe pas
- lundi 6 décembre : Mr Michel VERNUS, Tout est bon dans le cochon
Les conférences ont lieu à la salle Morand à Pontarlier, à 20h30.
Entrée libre.

LEXIQUE COMTOIS

Le bal : Le lait frais d'une vache qui vient de vêler,
avec lequel on fabrique des "crapés".

Barbouillé : Dans l'expression "j'ai l'estomac barbouillé".
Je digère mal.

Barder : Déraper. La voiture a bardé de l'arrière quand elle
a atteint la neige.

Une barJaque : Une personne bavarde.

Le barlot : Le portillon du jardin.

Un barrou : Une charrette, sorte de brouette spéciale pour aller chercher de l'herbe.

En avoir beau faire : En avoir presque trop.

Bède : Tiède. Ex. : Un café bède (nuance d'insatisfaction).

Le beigeon : La résine de conifère (la poix).

Berche : Une personne est dite berche quand elle a perdu une dent sur le devant.

Une beuglante : Des cris tels qu'en poussent les bovins.

Une beugne : Une bosse sur la tête. Par extension :
un coup.

Beuiller : Regarder avec indiscrétion. Cf. R'beuiller.




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pâtissier - Chocolatier

 

23-25, Place St Pierre 25300 PONTARLIER

Tél. 03 81 39 01 83