Pontarlier à la loupe

Première tentative de Junod sur avion-ski, fin janvier 1910

Fin janvier 1910 - il y a donc 1 siècle - Auguste Junod (1877-1927), distillateur pontissalien et passionné d’aviation, faisait ses premiers essais d’aviateur sur un biplan de bois et de toile. Le journal de l’époque nous apprend que l’appareil s’est enfoncé dans une neige trop molle et qu’il fallut renoncer aux essais jusqu’au vendredi suivant. Mais, là, nouvel échec avant même le décollage puisqu’une traverse se brise contre un arbre lors des manœuvres de poussée de l’appareil pour l’aider à décoller. Junod dut attendre plusieurs mois avant de pouvoir concrétiser son rêve : c’est en effet le 29 octobre 1910 qu’il décolle enfin de la Chaux d’Arlier sur un biplan Farman modèle militaire. Il recommencera les jours suivants devant plusieurs milliers de curieux. C’était les premiers pas de l’aviation pontissalienne.
Voler ! Voler, le plus haut, le plus loin possible, imiter les oiseaux, voire les égaler…c’était un des plus vieux rêves de l’homme, folie, orgueil, que le jeune Icare paya de sa vie et qui contamina même les Pontissaliens ! Et en regardant la photographie de l’épave de l’appareil de Junod on se dit que c’était vraiment de la folie de vouloir voler avec un engin aussi rudimentaire !
Et pourtant ça a marché. Bel exemple de persévérance, d’entêtement et de courage !
Evidemment, à un siècle de distance, en regardant les mastodontes volants qui relient aujourd’hui les quatre coins du monde et ceux qui partent à la conquête d’un ciel encore mystérieux, ces balbutiements de l’aviation nous semblent aujourd’hui un peu désuets et nous ne levons même plus le nez au passage d’un avion. C’est tellement banal et il y en tant qui sillonnent le ciel ! Mais, à l’époque, pour la majorité des Pontissaliens, n’était-il pas un peu fou cet Auguste Junod à vouloir ainsi absolument voler ? On imagine aisément les conversations de bistrots ou d’ateliers : enthousiastes, craintifs, moqueurs, déçus, passionnés, indifférents…il y en avait pour tous les caractères, pour toutes les opinions. Et qui, aujourd’hui, connaît l’aviateur Auguste Junod ? Le distillateur Auguste Junod, peut-être, grâce à toute l’aura retrouvée de l’absinthe, mais le pionnier de l’aviation ? Qui, empruntant la rue Auguste Junod, a une petite pensée pour celui qui, il y a un siècle, fut un de ces merveilleux fous volants ? Le temps passe et les découvertes d’aujourd’hui, ou les espoirs pour demain, supplantent dans nos mémoires les expériences d’hier qui furent, à leur époque, tout aussi révolutionnaires. Sur l’ardoise du temps les noms des pionniers s’effacent pourtant, à tour de rôle, chaque génération gardant sa propre mémoire, ses propres souvenirs de l’Histoire, de son époque et de ses traditions. Alors, les plaques de rues, les ouvrages historiques, ces chroniques, sont des liens tissés entre le passé et le présent, entre ceux qui, hier, ont tracé et ouvert ce chemin que nous traçons à notre tour aujourd’hui pour ceux de demain qui , à leur tour...Et évoquer Auguste Junod et ses tentatives d’il y a un siècle c’est donc faire œuvre de mémoire et ne pas oublier nos racines. Alors, saluons aujourd’hui Auguste Junod à la manière de Robert Fernier avec un Bonjour Monsieur Junod !

Joël GUIRAUD

 

Edition

Panique à la fromagerie

Il se passe des choses curieuses du côté des montagnes du Jura. A peine débarquée à Pontarlier, pourquoi la bien jolie Marie-Ange Alétella met-elle le grappin sur un important responsable agricole? Comment l'écrivain Albert Glapointre et le journaliste Adrien Monque en sont-ils venus à s'acharner sur la famille du sage Jules-césar Boisguilbert, le président de La Rochante, une puissante union de coopératives? Et cet Alexis Poicaut, que veut-il? Lui qui, sous prétexte de vendre des aliments pour le bétail, arpente la campagne en ébranlant les certitudes des coopérateurs?
A y regarder de plus près, cela ressemble à une vaste opération de déstabilisation de la belle filière qui assure jour après jour la réussite du comté. Qui tire les ficelles de cette conspiration?

Franc-comtois, voire même Jurassien, sinon Bressan, Jean-Claude Barbeaux est journaliste.

 

Assemblée Générale

L’assemblée générale 2009 des Amis du Musée se déroulera le jeudi 25 février 2010 à 20 h 30 au musée. Vous recevrez tous les documents nécessaires pour participer à cette assemblée générale.

Vous pouvez régler dès maintenant votre cotisation 2010 (adhésion 1 personne : 15 € ; adhesion couple : 25 €) par chèque envoyé au secrétariat de l'association ou déposé à l'accueil du musée. Vous recevrez votre carte d'identité en échange.

A cette occasion vous pourrez acquérir le dernier ouvrage de Bernard Olivier, Histoires brèves....de Pontarlier, du Haut-Doubs et d'ailleurs !, édité par les Amis du Musée. Cet ouvrage regroupe une trentaine de chroniques réalisées par Bernard Olivier depuis plusieurs années pour la Lettre des Amis du Musée.
Histoires brèves, 152 pages, 12 € (+ frais de port pour envoi éventuel).


 



Le 1er mars 2010

Lancement de

la Route de l'Absinthe Franco-Suisse !

Pourquoi une route de l'absinthe franco-suisse ?

L'Absinthe est une variété d'armoise. C'est une plante vivace, fortement aromatique qui pousse dans toute l'Europe jusqu'à une altitude de 2000 mètres, mais il est établi que les plantes du Jura franco-suisse dégagent des senteurs incomparables et bien supérieures à celles d'autres régions. Ses vertus médicinales et thérapeutiques liées aux problèmes digestifs sont reconnus dès l'antiquité.

A la fin du XVIIIe siècle, en Suisse, dans le Val-de-Travers, l'absinthe, mélangée avec d'autres plantes telles que l'hysope, la mélisse, l'anis vert et le fenouil, devient une boisson macérée, ou distillée. Puis, confrontés à un problème de forte taxation douanière à l'exportation, les distillateurs suisses décident de s'installer à Pontarlier, capitale voisine du Haut-Doubs, située à 837 mètres d'altitude. Les débuts sont difficiles, et ce n'est qu'à partir de 1830 que la consommation d'absinthe va réellement augmenter grâce à l'appui, involontaire, des troupes coloniales françaises ; ces soldats utilisent en effet l'absinthe pour purifier l'eau. De retour en France, victorieux, ils vont d'une part importer leurs habitudes de consommation, donc déguster leur absinthe dans les cafés des grands boulevards parisiens et les bistrots des villes de garnison, et, d'autre part, devenir des héros que l'ensemble du public aura plaisir à imiter. L'absinthe s'invite dès lors à toutes les tables à l'heure de l'apéritif.

Le pic de consommation se situe vers 1900 avec, à Pontarlier, 25 distilleries, 111 bistrots, cafés et bois-debout et quelques 15 millions de litres produits dont 7 uniquement par la Distillerie Pernod. L'heure verte sonne aussi dans les milieux artistiques et
littéraires, les Rimbaud, Verlaine, Toulouse Lautrec, Van Gogh, Jarry et bien d'autres encore pensant parfois trouver l'inspiration au fond des verres d'absinthe. C'est l'époque des cabarets, le Moulin Rouge, le Chat Noir, le Mirliton d'Aristide Bruand, c'est l'âge d'or du french-cancan, le règne de la Goulue, de Jane Avril, Yvette Guilbert, Lucien Guitry...toute une époque !

Malheureusement, la dérive de consommation plus communément appelée l'absinthisme, la virulence des ligues anti-alcoolique, le corps scientifique, le lobby viticole et le monde politique auront raison de l'absinthe à l'occasion de la première guerre mondiale. Le 17 mars 1915, la loi interdisant la fabrication et la consommation est votée à l'unanimité par le parlement français. Ce sera un peu plus tôt en Suisse, le 7 octobre 1910, après un vote du peuple.

Ce fut la fin de la consommation mais bel et bien le début du mythe de la boisson interdite et… du trafic clandestin. Après l'interdiction, le Val-de-Travers continua de produire une absinthe clandestine, que des distillateurs, nommés bientôt résistants, vendaient un peu partout en Suisse…et ailleurs. Cette production, qui faisait la joie des amateurs et des médias, dura jusqu'en 2005, qui vit la libéralisation de la Fée verte en Suisse. Appelée lait de vache, lait de tigre, l'absinthe tenait toujours une table discrète dans l'arrière salle des bistrots mais entrait dans l'histoire officielle avec les musées, à Môtiers d'abord, puis à Pontarlier et à Auvers-sur-Oise et tandis que, depuis 1983, les ouvrages traitant de l'absinthe se multipliaient sous la plume de spécialistes et collectionneurs comme Marie-Claude Delahaye, Benoît Noël et Pierre-André Delachaux.

En 1997, le Comité des Fêtes du village de Boveresse, sous la houlette de Nicolas Giger et Eric-André Klauser, organise la 1ère fête de l'absinthe en Suisse.

Toujours dans les têtes, mais plus rarement dans les verres, la réapparition de l'absinthe s'effectue en France grâce à l'Union Européenne, avec une directive de 1988 qui en autorise la fabrication à condition de limiter son taux de thuyone à 35 milligramme par litre. Pour information, la thuyone est une molécule contenue dans la plante d'absinthe qui, à haute dose, attaque le système nerveux. La même année, cette directive est transposée par un décret du gouvernement de Michel Rocard autorisant la fabrication mais sous l'appellation apéritifs à base de plantes d'absinthe ou spiritueux à base de plantes d'absinthe, évitant ainsi l'abrogation de la loi de 1915.

A la lueur de ce cadre législatif, de nombreux nouveaux produits vont apparaître sur le marché dont, à la fin de l'année 2001, celui de François Guy, distillateur pontissalien (produit titrant 45°).

Cette même année 2001, l'Association les Amis du Musée de Pontarlier décide d'organiser une manifestation annuelle se déroulant le 1er week-end d'octobre intitulée les Absinthiades. Cette manifestation à vocation culturelle, pédagogique et informative, a pour objectif de replacer Pontarlier à sa place de capitale économique mondiale de l'absinthe, place qu'elle a occupée de 1805 à 1915. C'est au même moment que sont créés des chocolats, des gâteaux et des parfums à base d'absinthe.

En 2004, la Ville de Pontarlier lance, à son tour, la fête de l'absinthe, manifestation à vocation touristique qui se déroule le dernier week-end de juillet.
Le 1er mars 2005, la Suisse abroge la loi d'interdiction de 1910 ; une interprofession regroupant seize distillateurs et un cultivateur voit alors le jour.

En 2006, Thomas Cantagrill, jeune étudiant stagiaire, rédige un cahier des charges servant de base à la création d'une route de l'absinthe franco-suisse entre Pontarlier et le Val-de-Travers.

Mi 2008 : sous l'égide de Philippe Chapon, président des Amis du Musée de Pontarlier, et de Nicolas Giger, l'Association Pays de l'Absinthe est née.

2009, voit le lancement administratif d'une route de l'absinthe, projet culturel et touristique, financé par l'Union Européenne, les collectivités locales, prévoyant une signalétique routière et patrimoniale, des outils de communication et de promotion (brochure, site web, produits dérivés…), ce qui confirme, s'il était besoin le caractère transfrontalier de l'absinthe.

EDITIONS DES AMIS DU MUSEE ENCORE DISPONIBLES

Prix : 8 € (+ frais d’envoi en France 2 €, en Suisse 4 €).

 

Prix : 10 € (+ frais d’envoi en France 2 €, en Suisse 4 €).

 

Prix : 12 € (+ frais d’envoi en France 2 €, en Suisse 4 €).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Lettre des Amis du Musée

Directeur de Publication : Ph. CHAPON

Rédacteur en Chef : J.GUIRAUD

La Lettre des Amis du Musée est une publication mensuelle

de l'Association Les Amis du Musée de Pontarlier.

Les Amis du Musée de Pontarlier

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